Éros est le premier tome d’une trilogie écrite par Gabarelle Corentin, une jeune auteure de la région de Verviers (Belgique) travaillant en auto-édition. C’est une romance mariant érotisme et psychologie.

 

Il est difficile de cataloguer cette œuvre dans un genre précis, car elle ne répond pas aux exigences des maisons d’édition spécialisées en la matière. En effet, la romance érotique est un genre littéraire aux codes assez restrictifs. Gabarelle a voulu garder une certaine liberté d’expression en abordant des sujets, comme les plaisirs solitaires ou l’infidélité, qui sont tout simplement bannis des best-sellers d’aujourd’hui.

Dans ce roman, la sexualité de la femme est mise en avant de façon assumée et naturelle.

Éros est l’histoire d’une rencontre charnelle fondée sur le respect où consentement et considération ont une place prépondérante.

 

Gabrielle – le personnage principal – goûte à ce qu’elle appelle une « jouissance non assistée » (premier orgasme qu’un homme lui procure). Elle se sent en confiance, belle, désirée et n’hésite pas à jouer de ses charmes. Le plaisir n’est pas une quête, mais une découverte qui s’apprivoise et s’assume. Le pouvoir d’attraction est le seul maître d’un jeu animé par la séduction, le désir, l’amour et l’irrésistible attirance entre deux amants. Ces derniers vont rapidement être emportés par « l’éros », la passion.

Soucieuse de donner une dimension réaliste à son histoire, l’auteure aborde la relation passionnelle sous un autre angle en rappelant qu’elle peut faire naître l’obsession, la jalousie et nous entraîner vers l’irrationnel. 

Pourquoi avoir choisi ce titre pour le roman ?

Plusieurs références à la mythologie grecque sont faites tout au long du récit, en parallèle à une analyse psychologique des personnages.

 

Il existe plusieurs termes pour qualifier l’amour en grec ancien et certains seront abordés tout au long de la trilogie, entre autres Storgê qui représente l’amour de la famille, comme celui qu’une mère peut porter à son enfant ainsi que Philia qui désigne « l’amour raisonnable ».

 

Éros, quant à lui, incarne la passion. Dans la mythologie grecque, il est le dieu de l’amour et de la puissance créatrice. Il fait naître la concupiscence et le plaisir charnel.

 

Freud voyait Éros comme une pulsion de vie qui habite chaque être humain. Il l’opposait à Thanatos, le dieu de la mort, qui représente la pulsion de destruction. Ces deux pulsions sont, selon lui, indissociables. Éros nous lie amoureusement les uns aux autres. Thanatos, de son côté, nous pousse à rompre ce lien pour que notre « moi » reste tout-puissant. La passion fait naître une forme de ravissement à l’autre, mais notre « moi » nous dicte de garder le dessus. C’est une sorte de conflit intérieur.

 

Les Grecs considéraient la passion comme un danger, car c’est un amour qui peut vous faire perdre le contrôle, basculer dans l’irrationalité. C’est exactement ce qui se passe dans ce roman, Éros était donc une évidence.

© 2020 by Gabarelle Corentin.