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« Mes yeux sont lourds,

  comme si j’étais ivre.

  Et je le suis, je suis ivre de lui… »

Ce roman commence par une lettre adressée à une certaine Aurore.

 

Dans ce courrier, Gabrielle – le personnage principal – explique à sa cousine qu’elle a suivi ses consignes. Aurore est neurologue et fait des recherches sur la stimulation cognitive. Gabrielle a accepté de l’aider en prenant part à une étude.

Le protocole imposé aux participants est simple : ils doivent décrire dans un carnet les faits marquants de leurs vies et associer une chanson pour chaque événement. L’objectif pour Aurore est de lire ces écrits aux patients si d’aventure ils devaient tomber dans le coma. Elle espère ainsi augmenter l’activité cérébrale des personnes inconscientes ou stimuler les sujets atteints d’amnésie grâce à la mémoire auditive.

Éros est donc le premier journal de Gabrielle. Elle y relate certains moments forts de ces cinq dernières années. Au début du récit, elle a vingt-trois ans et vient de terminer ses études. Elle s’apprête à quitter sa ville natale de New Haven pour s’installer à Paris où elle a décroché un poste en tant qu’enseignante.

Gabrielle tombe sous le charme d’un séduisant trader prénommé Maxence. Il l’entraîne dans une relation torride et l’initie aux jeux de rôles. Les deux amants vont se donner rendez-vous pour revivre leurs débuts dans des contextes où audace et adrénaline sont de mise. Le couple se laisse progressivement emporter par l’Éros, la passion.

Parallèlement à sa première histoire d’amour, Gabrielle traverse des épreuves au sein de sa famille ce qui l’amène vers une véritable remise en question. Personnage au caractère fort, elle s’affirme en tant que femme malgré les aléas de la vie.

Sera-t-elle en mesure de lâcher prise face aux bouleversements qui paveront sa route ?

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« Nos corps sont en sueur. La musique a fait place à nos gémissements et nos respirations incontrôlées. Ses doigts se marient aux miens. Il me serre contre lui et me fait l’amour de la façon la plus délicieuse qui soit. Nous sommes en parfaite osmose.

Je gémis bruyamment son prénom alors qu’une sensation de bien-être indescriptible prend possession de mon corps. Maxence vient de me donner mon premier orgasme vaginal. Il me procure plus de plaisir que n’importe qui et j’ai pourtant toujours envie de lui. Je voudrais qu’il ne s’arrête jamais.

Je surélève mon bassin pour accompagner ses coups de reins. Il baisse la tête pour se regarder glisser en moi avant de me couvrir de tout son poids. Nous ne formons plus qu’un. Nos cœurs battent à l’unisson, nos respirations sont synchronisées.

Ses mains glissent sous mes bras et emprisonnent mes épaules alors qu’il gémit enfin sa délivrance en me serrant tout contre lui. L’idée que je sois la source de sa jouissance me renvoie une énième fois au paradis. J’ai la douce sensation d’être en dehors de moi-même, anesthésiée par le plaisir.

Je me sens thoroughly fucked .

C’est donc ça, l’Extase… »

 

Gabarelle Corentin, Eros, 2019

« — Dans la mythologie grecque, Éros est le dieu de l’amour et de la puissance créatrice. Il fait naître la concupiscence, le plaisir charnel, la passion. Cela implique, tôt ou tard, de la souffrance. Tu souffres de l’attirance que tu ressens pour Maxence parce que tu ne t’appartiens plus et cela te renvoie à une pulsion de destruction.

—  Je ne suis pas certaine de te suivre...

— Freud voyait Éros comme une pulsion de vie qui habite chaque être humain. Il l’opposait à Thanatos, le dieu de la mort, qui représente la pulsion de destruction. Ces deux pulsions sont, selon lui, indissociables. Éros nous lie amoureusement les uns aux autres. Thanatos, de son côté, nous pousse à rompre ce lien pour que notre « moi » reste tout-puissant. La fulgurance des sensations ressenties aux côtés de Maxence fait que tu n’es plus maître de la situation. Il y a une forme de ravissement à l’autre, et ton « moi » te dicte de garder le dessus. C’est une sorte de conflit intérieur.

J’écoute mon frère avec grand intérêt. Il a tant de choses à m’apprendre… »

Gabarelle Corentin, Eros, 2019